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MASSOUD,
PREMIERE VICTIME DE L'OFFENSIVE TERRORISTE?
TF1.fr
- Le 14.09.01 - Franck Lefebvre
Quoi de commun entre les attentats contre New York et Washington,
et la tentative d’assassinat contre le commandant Massoud ?
Pour divers spécialistes de l’Afghanistan, les deux faits sont
liés. Selon Michael Barry, en visant Massoud, les auteurs des
attentats voulaient gêner par avance une riposte occidentale.
11 septembre 2001 : deux Boeing détournés s’écrasent sur les
tours jumelles du World Trade Center, un troisième sur le Pentagone,
un quatrième non loin de Pittsburgh. Principal suspect de l’organisation
de cette attaque terroriste sans précédent : Oussama Ben Laden,
qui se trouverait actuellement en Afghanistan, où il bénéficierait
du soutien du régime des taliban. Deux jours plus tôt, le 9
septembre, le commandant Ahmad Shah Massoud, leader de l'Alliance
du Nord, l’un des principaux groupe de résistance afghane contre
ces mêmes taliban, était victime d’une tentative d’assassinat.
Son état de santé reste très incertain. L'agence Afghan Islamic
Press, proche des taliban, a annoncé sa mort vendredi en fin
d'après-midi ; peu après l'annonce d'AIP, le Collectif Liberté
Afghanistan tentait de joindre les proches de Massoud en Afghanistan
et n'a pour l'instant ni confirmé, ni démenti la nouvelle de
cette mort. Pour l’heure, Massoud a été remplacé par son ancien
chef des services de renseignement, le général Mohammad Fakhim.
"Il
fallait que Massoud soit éliminé avant les attentats"
Pour
divers spécialistes de l’Afghanistan, ces attentats à deux jours
d’intervalle ne doivent rien au hasard. L’ambassade d’Afghanistan
à Paris souligne la "parfaite ressemblance" entre les attentats
aux Etats-Unis et "la tentative d’assassinat du commandant Massoud
: utilisation de commandos-kamikazes, nationalités arabes des
exécutants, absence de revendication officielle." Michael Barry,
un des meilleurs spécialistes de l’Afghanistan, va plus loin
: selon lui, la tentative d’assassinat contre Massoud était
un préalable indispensable aux attaques contre le World Trade
Center et le Pentagone. Elle a, de plus, nécessité des moyens
et un degré d’organisation très importants, équivalents à ce
qui a été nécessaire pour préparer les attentats commis aux
Etats-Unis.
Les
auteurs de la tentative d’assassinat contre Massoud, détenteurs
de passeport belges, se sont présentés comme des Marocains.
Mis en présence de Massoud, ils se sont transformés en bombes
humaines. Or, souligne Michael Barry, "quand un Palestinien
devient ‘candidat au suicide’ en Israël, il faut garantir l’avenir
financier de sa famille, ce qui coûte très cher. Pour convaincre
deux Marocains d’aller éliminer Massoud, qui se trouve à l’autre
bout du monde musulman, la compensation financière a dû être
énorme." Voilà pour les moyens financiers.
Une logistique énorme
Il
a fallu par ailleurs transporter ce commando jusqu’en Afghanistan.
Michael Barry détaille les étapes de ce voyage : "ils sont tout
d’abord convoyés à Londres, où ils reçoivent de l’ambassade
du Pakistan des visas multiples entrées et sorties, ce qu’aucun
journaliste occidental ne peut obtenir. De là, ils sont transportés
à Islamabad, puis à Kaboul, où ils ont une semaine d’entretiens
avec les dirigeants taliban. Ils retournent à Islamabad, avant
d’être transportés par avion à Duchambé, la capitale du Tadjikistan.
Ils restent là deux semaines, se font passer pour des journalistes
d’une agence de presse arabe (ils ont effectivement des caméras)
et attendent l’hélicoptère qui les transportera jusqu’au territoire
contrôlé par Massoud. Une opération extrêmement lourde et coûteuse…"
Voilà pour la logistique et l’organisation
La raison d’une telle opération ? "Il fallait que Massoud soit
éliminé avant l’attaque du World Trade Center", affirme Michael
Barry. "Car Massoud vivant et en bonne santé, capable de mener
ses troupes, pouvait être un point d’appui pour une riposte
occidentale de l’intérieur de l’Afghanistan. En éliminant Massoud,
plus d’opposition afghane structurée." De fait, des représentants
de la Russie, de l'Inde, de l'Iran et d'autres Etats hostiles
aux taliban se sont retrouvés jeudi au Tadjikistan ; ils s’interrogent
sur les moyens d’aider l'opposition afghane, seule depuis 1996
à lutter contre les taliban.

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